La semaine européenne du développement durable nous offre une formidable opportunité de faire le point sur le développement durable dans l’industrie textile. Souvent critiquée pour son manque d’éthique, cette industrie particulièrement complexe et internationale a du pain sur la planche… mais se met en marche !

Petit point sur le développement durable

La notion de développement durable désigne, selon sa définition propre, un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Cela se caractérise par la recherche d’un équilibre entre les trois piliers suivants :

  • Economie

  • Social

  • Environnement

Développement durable & industrie textile

Économiquement efficace

La croissance et l’efficacité économique de l’industrie textile se sont fondées ces dernières années sur un modèle de mode jetable avec des collections renouvelées toutes les deux semaines. Ce modèle, où la réflexion sur l’utilité du vêtement n’avait pas sa place, a engendré surproduction, surconsommation, gaspillage et pollution.

D’autre part, le « coût social », comme le « coût environnemental », est absent de la réflexion. Cette mauvaise répartition des bénéfices contribue malheureusement à creuser l’écart entre pays riches et pays pauvres : seule la loi de la consommation règne. Pour encourager et soutenir des modèles économiques responsables : on observe la création de labels garantissant certains engagements comme France Terre TextileGOTS,etc.

Développement durable & industrie textile
Développement durable & industrie textile
Développement durable & industrie textile
Développement durable & industrie textile

Fort heureusement, on observe aussi de plus en plus d’initiatives pour sortir de ce système de surconsommation. Basées sur un modèle économique responsable (location de vêtements et penderie partagée : les cachotières ou Hylla, vêtements à faire soi-même : Louis Antoinette etc.), elles participent à éduquer le consommateur. Le consommateur responsable peut alors par des achats conscients encourager une économie viable et durable.

Socialement équitable

Tristement célèbre, le drame du Rana Plaza, est venu mettre en lumière une partie des dérives tacitement acceptées par l’industrie textile au nom de la course au produit le moins cher. Sans pour autant changer fondamentalement leurs habitudes de consommation, il a déclenché chez les consommateurs une réelle prise de conscience.

Particulièrement engagé sur les enjeux sociétaux de l’industrie textile, le collectif éthique sur l’étiquette a fait adopter en février 2017 la loi sur le devoir de vigilance. Cette loi exige des multinationales françaises de prévenir les risques d’atteintes aux droits humains et aux libertés fondamentales… y compris chez leurs sous-traitants et fournisseurs.

Moins juridique, le mouvement Fashion Revolution milite activement pour une mode plus transparente. Les consommateurs peuvent ainsi librement interpeller les marques avec leur#whomademyclothes. Plus qu’un argument éthique et moral, la transparence devient aussi une attente réelle des consommateurs.

Écologiquement tolérable

Malgré les paillettes des magasins et des podiums, la mode est la seconde industrie la plus polluante au monde. La majorité des consommateurs s’accorde donc sur l’urgence de changer ces mauvaises habitudes. D’autant plus que cette pollution peut avoir un impact direct sur leur santé (comme certains colorants utilisés).

Les multiples sonnettes d’alarmes tirées par des scientifiques et des ONG pour dénoncer ces abus ont contraint les états et gouvernements à se réunir régulièrement pour engager une politique officielle et internationale, pour mettre en place des solutions concrètes pour répondre aux enjeux de développement durable. Outre le fait non négligeable de sensibiliser les foules aux enjeux du développement durable, sans menace de sanction, peu de changements réels sont engagés.

Au niveau de la création, cette volonté d’intégrer pleinement le respect de l’environnement offre de réelles opportunités. On observe ainsi beaucoup d’innovations textiles, comme les filatures recyclées, biologiques, ou encore le développement du cuir végétal. Considérer dès le développement, l’impact environnemental du produit à chaque étape du cycle de vie, permet de le maitriser : c’est l’éco-conception.

Conclusion

Bien qu’il y ait encore du travail, beaucoup de choses positives et encourageantes sont enclenchées. Comme le prouvent les initiatives responsables qui se multiplient ainsi que cette semaine européenne du développement durable. Occasion particulière pour se pencher sur cette question et découvrir des solutions variées et prometteuses pour répondre aux enjeux du développement durable.